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Les Tiques Revue des 4 saisons du jardinage bio n°200


Où et quand peut-on « attraper » des tiques ? Cela vous permettra de vous faire une petite idée du problème

Revue des 4 saisons du jardinage bio n°200

Le sujet est traité sur 4 pages que je suis permise de vous scanner Attention , c’est esprit « 4 saisons » rédigé par Sylvie Hampikian « expert en pharmaco-toxicologie au centre Terre vivante ».

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Article relevé sur Gerbaud.com en mai 2014

Les tiques ne sont pas réservées aux animaux domestiques, ni aux adeptes des balades en forêt. Les jardiniers aussi peuvent être concernés par les piqûres de ce parasite, de même que les enfants qui jouent dans l’herbe ! Voici ce qu’il faut savoir sur les tiques et la maladie de Lyme…

Tique sur une herbe

La tique est un acarien parasite suceur de sang  : il en existe des centaines d’espèces, dont plusieurs sont fréquentes en Europe. La plupart des tiques apprécient les lieux humides et boisés ou enherbés, car elles ont besoin d’une certaine hygrométrie (la rosée matinale peut cependant suffire aux tiques adultes). On les rencontre donc dans les forêts, les prés, le long des chemins et…. dans le jardin ! Elles se fixent à une herbe, une branche ou une feuille (elles peuvent se poster à une hauteur pouvant atteindre près d’1m50 !), et attendent le passage d’une « victime » à sang chaud (oiseau ou mammifère), sur la peau de laquelle elles se fixent après avoir progressé le long des poils, des plumes… ou des vêtements.

La « saison » des tiques s’étend de mars à octobre, avec 2 pics en avril/mai et en septembre/octobre. Les jardiniers doivent donc se méfier de ces parasites dès les premiers beaux jours, et tout au long du printemps et de l’été.
Les tiques, petites suceuses de sang

Le cycle de vie d’une tique (qui vit plusieurs années) compte 3 stades :

  • Le stade larvaire (les larves ressemblent à de minuscules tiques), qui parasite les oiseaux et les petits rongeurs ;
  • Le stade nymphal (morphologiquement similaire à l’adulte), qui parasite différents animaux à sang chaud, généralement de petite taille, comme le lapin ;
  • Le stade adulte (celui qui assure la reproduction) qui parasite généralement les gros mammifères (chevaux, vaches, chiens, gros bibier, homme…). Les tiques ont besoin d’un repas de sang pour passer d’un stade à l’autre.
  • Avant chaque changement de stade, elles parasitent un animal et, leur rostre profondément enfoncé dans la peau de la « victime », elles aspirent lentement le sang qui leur est nécessaire, ce qui provoque le gonflement de l’abdomen de l’acarien, puis lâchent prise (cela peut prendre plusieurs jours).
Tique sur animal

La tique n’est pas un insecte !

Les acariens, et donc les tiques, ne sont pas des insectes : ils appartiennent, comme les araignées (et les « araignées rouges », qui sont en fait des acariens suceurs de sève), à la classe des arachnides. Les arachnides ont 4 paires de pattes (8 pattes), tandis que les insectes en possèdent 3 paires (6 pattes). Par ailleurs, on dit souvent que les tiques « piquent », mais il ne s’agit pas à proprement parler d’une piqûre, réservée aux insectes piqueurs comme le moustique ou la guêpe, mais d’une morsure, comme celle (rare) de l’araignée ou du serpent.

Tique gorgée de sang

Principal risque lié aux tiques : la maladie de Lyme

La morsure de tique en elle-même est sans danger : le seul petit désagrément directement lié à la tique sont les démangeaisons que peuvent occasionner la salive de la bestiole, ainsi qu’une rougeur très localisée au point de morsure (pendant 24 à 48h).

Malheureusement, la tique est le vecteur d’un certain nombre de maladies infectieuses, dont certaines, comme la maladie de Lyme, sont transmissibles à l’homme. La maladie de Lyme est de plus en plus fréquente en France, notamment dans le quart nord-est du pays, et elle progresse sur l’ensemble du terrritoire. On compte en France plusieurs milliers de cas par an chez l’homme.

Elle est due à une bactérie, Borrelia burgdorfer (la maladie de Lyme est aussi appelée borréliose), que la tique, elle-même contaminée, inocule à ses hôtes. Le premier signe est une plaque rouge, ronde ou ovale, qui s’étend progressivement autour de la morsure de tique (érythème migrant) ; elle apparaît 3 jours à un mois après la piqûre. Elle peut s’accompagner de fièvre, de fatigue et de douleurs articulaires. Puis, la plaque disparaît et laisse place, dans les semaines ou mois qui suivent, à des troubles articulaires, cardiaques, cutanés ou neurologiques.

Tique après
Que faire en cas de piqûre de tique ?

Plus la tique est retirée tôt, plus le risque de contamination (si tant est que la tique soit porteuse de maladie : toutes ne le sont pas !) est limité. Il faut donc prendre l’habitude d’inspecter toutes les parties du corps après une promenade ou des activités de jardinage. Si vous ou votre enfant avez « attrapé » une tique, voici les réflexes à avoir :

  • Retirer la tique au plus vite, en se servant d’un tire-tique (vendu en pharmacie), qui permet d’extraire la tique sans arracher le rostre qui, sinon, resterait enfoncé dans la peau, grâce à un mouvement rotatif lors de l’extraction. Surtout, ne pas utiliser d’éther, qui provoque la régurgitation de la tique, et éviter l’usage de pince à épiler, susceptible de comprimer l’abdomen de l’acarien : ces deux gestes augmentent le risque de contamination.
  • Désinfecter l’épiderme.
  • Consulter un médecin si l’érythème migrant apparaît (des antibiotiques pourront être prescrits, si besoin), ou si la morsure concerne une femme enceinte.
  • Il est parfois conseillé de consulter, avant toute apparition de symptôme, dans les 2 cas suivants : si la tique est restée en place plus de 36h, ou si elle est déjà gorgée de sang (abdomen distendu) lorsqu’on la découvre.
Tique peau
Pour ne pas « attraper » de tiques…

Comme toujours, prévenir vaut mieux que guérir ! Lorsque vous jardinez ou vous promenez en forêt ou dans sur un chemin enherbé, portez des manches longues et un pantalon. Poignets et bas de pantalons doivent être relativement serrés pour empêcher les tiques de se glisser entre la peau et le tissu. Portez également des chaussures fermées et des chaussettes. Les produits répulsifs ne sont pas toujours efficaces : méfiance…

Différents symptômes de la maladie de Lyme

La bactérie Borrelia, qui se multiplie rapidement dans le sang de sa victime, est responsable de différents symptômes, la maladie évoluant en 3 stades successifs :

  • Dans les 3 à 30 jours suivant la morsure par une tique contaminée, une plaque inflammatoire rouge, ronde à ovale, centrée sur le point de morsure, apparaît (elle ne doit pas être confondue avec l’inflammation locale due à la morsure, qui reste, elle, localisée). Cette tache cutanée mesure d’abord au moins 5 centimètres de diamètre, puis s’étend progressivement concentriquement au point de départ, jusqu’à atteindre un diamètre de plusieurs dizaines de centimètres, le centre retrouvant peu à peu une couleur normale tandis que le contour de la tache reste rouge et chaud : c’est l’érythème migrant, typique de la maladie de Lyme (mais pas systématiquement observé en cas d’atteinte). Cet érythème ne démange pas, et il disparaît spontanément en quelques semaines. Ce premier symptôme de la maladie de Lyme peut s’accompagner de fièvre, de fatigue, de maux de tête, et de douleurs articulaires.
  • Après une période de répit plus ou moins longue ( une semaine à 6 mois ), la maladie, si elle n’a pas été traitée, réapparaît : c’est la phase secondaire, qui se caractérise par des manifestations neurologiques : douleurs cutanées à proximité de la morsure due à une atteinte des nerfs sensitifs, paralysie faciale (surtout chez l’enfant), maux de tête… On peut aussi observer des douleurs de type arthritiques dans les grosses articulations (souvent le genou), des manifestations oculaires, une ou plusieurs lésions cutanées (nodule indolore, rouge brun à violacé, parfois retour de l’érythème initial), et des troubles cardiaques (palpitations, syncope, etc.).
  • La phase tertiaire peut se manifester jusqu’à plusieurs années après la morsure : troubles articulaires (arthrite de Lyme), troubles neurologiques (troubles de la sensibilité des extrémités des membres, inflammation très douloureuse des racines des nerfs innervant la zone de morsure, manifestations neuro-psychiatriques…), troubles cardiaques, troubles cutanés (inflammation de la peau aboutissant à une atrophie cutanée)…
  • Les médecins ont souvent du mal à poser le bon diagnostic aux stades secondaire et tertiaire de la maladie, le lien avec une piqûre de tique remontant à plusieurs mois ou plusieurs années étant difficile à établir.

http://www.gerbeaud.com/


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