Compte-rendu de la sortie botanique du samedi 04 juillet 2026
Notre programme des sorties botaniques s’achève ce samedi 4 juillet au col du Béal, situé à 1390 m, sur les Hautes Chaumes du Forez.
C’est sans lassitude que nous revenons sur ces hauteurs, avec la certitude de découvrit une flore exceptionnelle et de parcourir des paysages magnifiques. Certes les fortes chaleurs ont quelque peu malmené la végétation mais le domaine est suffisamment vaste pour satisfaire notre appétit de découvertes.
Ce site offre une grande diversité de milieux : prairies humides, zones rocheuses, landes et hêtraies-sapinières, ces différents biotopes en font un lieu très intéressant pour l’étude de la végétation.
Du point de départ au col du Béal, nous herborisons le long de la route menant à la station militaire hertzienne de Pierre-sur-Haute, en passant par le col de la Chambotte situé à 1487 m. et cheminer entre landes, sous-bois et pâtures pour terminer notre parcours.
De belles observations : l’Angélique des Pyrénées (Epikeros pyrenaeus), le roi des herbages, le Fenouil des Alpes (Meum athamanticum), le Séneçon à feuilles d’Adonide (Jacobaea adonidifolia), l’Oeillet de Montpellier (Dianthus hyssopifolius).
Cette journée au col du Béal a ainsi permis d’enrichir nos connaissances botaniques avec les déterminations et commentaires de Yves Garnier, entomologiques grâce aux observations de Marie Donger et géologiques avec les explications, parfois sonores grâce au marteau de géologue, de Pierre Cabrol, tout en profitant des paysages montagnards remarquables.
Cela fait beaucoup de lecture avec les notes de Flaine, mais n’oubliez pas "que l’on commence à vieillir quand on finit d’apprendre". Et pour en rajouter, un dicton bien actuel : "le mauvais temps c’est le temps qui dure".
Des mots pour le dire :
- Phyteuma betonicifolium : Raiponce à feuilles de bétoine. Le nom "Raiponce" trouve son origine dans rapa, "rave", du fait de l’utilisation ancienne de la racine de cette plante comme légume. Cet usage s’est perdu en raison de la difficulté à la cultiver et de son remplacement avantageux par la pomme de terre.
- Lactuca plumieri : dédié à Charles Plumier (1646-1704), frère minime, botaniste et voyageur-naturaliste français. nommé au couvent de Bormes (Var), il herborise dans le midi et fait la connaissance de Garidel et Tournefort. Il réalise ensuite trois voyages dans les Caraïbes et au Brésil.
- Campanula scheuchzeri : dédié aux deux frères Scheuchzer : - Johann Jacob Scheuchzer (1672-1733), médecin et naturaliste suisse, qui a exercé à Zurich et a été professeur de mathématiques. Il a réalisé dans les Alpes les premières mesures d’altitude en se servant d’instruments barométriques. Il considérait les fossiles comme des vestiges du Déluge. - Johannes Gaspar Scheuchzer ( 1684-1738), médecin et botaniste suisse, médecin dans l’armée néerlandaise.
- Lilium martagon : le nom est attesté en français en 1562. Il viendrait du turc ottoman- märtagän, qui désignait un type de turban adopté par le sultan Mehmed.
- Deschampsia cespitosa : dédié à Louis Auguste Deschamps (1765-1842), médecin et naturaliste français.
- Allium victorialis : du latin victoria, "victoire", parce que le bulbe était censé protéger des blessures de guerre du fait de sa tunique fibreuse.
Merci à toutes et à tous pour votre participation, pour votre tolérance devant les petits imprévus et mille mercis pour votre bonne humeur et la convivialité que vous apportez lors de ces sorties.
Passez un bel été et rendez-vous début septembre pour la reprise de nos activités.
Ci-joint toutes nos déterminations au col du Béal et celles du premier jeudi du mois.
Botaniquement votre.
Pierre Moncorgé pour le GMBVS.
