Compte-rendu de la sortie botanique du samedi 06 juin 2026
Avec une météo très clémente, nous avons rendez-vous au col de Crie (622 m) pour cette sortie botanique afin de découvrir toute la richesse de cette flore du Haut-Beaujolais. En montant au point de départ de cette randonnée, beau spectacle de tapis de Digitales pourpres, ces belles toxiques fleurissent à nouveau, suite à une coupe de résineux, après plusieurs décennies de dormance.
Le matin, parcours en forêt pour explorer le vallon d’Aroy, forêt mixte et vallon humide, avec des sols surtout acides mais parfois basiques. C’est l’occasion d’aborder les relations entre la géologie et la végétation locale qui nous offrent une belle diversité : le Dryoptéris de Borrer (Dryopteris affinis ssp. borreri), Androsème (Hypericum androsaemum), la Dorine à feuilles opposées (Chrysosplenium oppositifolium), le Pavot du Pays de galles (Papaver cambricum), la Cardamine à sept feuilles (Cardamine heptaphylla).
Les riches observations de la matinée nous amènent pour l’arrêt pique-nique bien mérité et nous en profitons pour inventorier le contenu des sacs : assez belle diversité culinaire (sandwichs, salades variées et gâteau maison, pas d’espèces rares ou protégées).
L’après-midi poursuite de nos inventaires floristiques sur des prairies humides, près du col de Crie, de nombreuses observations dont : le Carvi verticillé (Trocdaris verticillatum), une Poacée moins remarquée, la Danthonie décombante (Danthonia decumbens) et surtout la menacée Laîche puce (Carex pulicaris) et six autres Laîches.
Un grand merci à Edith Delobel et Marie Charles, les régionales de l’étape, Anic et Yves Garnier, pour l’organisation de cette journée et les commentaires géologiques et botaniques toujours pertinents.
Merci à tous les participants qui ont dû se pencher très souvent pour s’enthousiasmer sur des détails invisibles pour le commun des mortels et revenir à la maison avec des noms latins plein la tête. La messe beaujolaise était dite, à l’année prochaine.
Des mots pour le dire :
- Prenanthes purpurea : du grec prênês, "qui penche en avant", et anthé, "fleur". Les capitules sont pendants.
- Impatiens noli-tangere : du latin noli, impératif de nolo, "ne pas vouloir", et tango, "toucher" : "veuillez ne pas toucher", donc "ne me touche pas". Le fruit mûr explose au moindre toucher.
- Petrorhagia prolifera : du grec petra, "rocher, roche", et rhagas, rhagados, "fente, crevasse". La plante vit dans les rochers de l’Europe et du Proche-Orient.
- Hypericum androsaemum : du grec hupereikos, de huppo, "sous", et ereiké, "bruyère en arbre", proprement "sous bruyère", les deux plantes ayant le même habitat et la bruyère en arbre étant nettement plus haute (André).
- Hypericum androsaemum : du grec anêr, andros, "homme mâle", et haima, "sang", "sang de l’homme". Les tiges sont rougeâtres et le latex est rouge.
- Danthonia decumbens : dédié à Étienne Danthoine (1739-1794), botaniste français de Manosque et Marseille, spécialiste des Graminées.
- Persicaria hydropiper : " On l’appelle Persicaria pour la ressemblance de ses feuilles avec celles du pêcher. Moyen latin persicaria herba, "herbe à feuilles de pêcher".
- Persicaria hydropiper : du grec hudro, "eau", et peperi, "poivre". La plante vit dans les milieux humides et les feuilles ont un goût poivré.
Merci à vous et à bientôt.
Botaniquement votre
Pierre Moncorgé pour le GMBVS.

















