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GMBVS
Groupe Mycologique et Botanique du Val de Saône

Association pour découvrir et approfondir la botanique et la mycologie au travers de cours et de sorties.

Compte-rendu de la sortie botanique du jeudi 16 avril 2026 au Parc de la Tête d’Or de Lyon (69)



Compte-rendu de la sortie botanique du jeudi 16 avril 2026



Belle participation pour cet après-midi de mi-avril pour une visite du Parc de la Tête d’Or. Sous la direction de Jean-Pierre Grienay, jardinier botaniste talentueux, nous allons découvrir différentes facettes du Parc et du Jardin Botanique, musée vivant de la diversité végétale.

Nous avons rendez-vous devant les Grandes Serres, près de la statue de Bernard de Jussieu (1699-1777), botaniste du 18ème siècle, membre d’une famille de botanistes lyonnais. Il a travaillé au jardin du Roi Louis XV, et il est à l’origine d’une méthode de classification des plantes.

Historique du Parc : À l’origine, un Jardin des Plantes, créé en 1796, qui était implanté en bas des pentes de la Croix-Rousse. Il fut transféré sur le site actuel en 1856, dans le projet d’espace public du futur Parc de la Tête d’Or. En 1880, construction des Grandes Serres.

Nous sommes guidés à l’intérieur de cette immense cathédrale de verre de 21m de hauteur pour découvrir quelques plantes emblématiques de cet univers préservé, parmi lesquelles :

  • Un Bougainvillier ou une Bougainvillée (Bougainvillea glabra), planté en 1933, une Nyctaginacée de la même famille que la Belle-de-Nuit (Mirabilis jalapa).
  • Une Aracée, le Monstera deliciosa, aux grandes feuilles cireuses et fenestrées pour laisser passer la lumière et l’eau de pluie.
  • Un Caféier (Coffea arabica) de la famille des Rubiacées, comme les Gaillets (Galium).
  • Le Saucissonnier (Kigelia africana) qui est une Bignoniacée originaire des zones humides africaines, les fleurs pollinisées par les chauves-souris produisent un fruit ressemblant à un saucisson.
  • Un Bambou (Bambusa sp.), de la famille des Poacées, vaste genre de plus de 1000 espèces, mesurant pour la plus petite quelques centimètres à plus de 30 m pour les plus grandes.
    Dans la serre des Camelia, Le Badianier (Illicium verum) de la famille des Schisandracées, produisant la "Badiane" ou "Anis étoilé". Cet arbuste, une rareté du Parc, a fleuri cet hiver pour la première fois mais sans donner de fruits.

Retour sur l’extérieur pour découvrir le Cyprès du Tassili ou Cyprès de Duprez (Cupressus dupreziana), de la famille des Cupressacées, planté en 1903, c’est le plus vieux spécimen de toute l’Europe.

Un arrêt devant la statue "le Secret" ou "les Trois Grâces", au pied de ce socle en marbre blanc, les jardiniers du Parc réalisent, pour la saison estivale, un massif en mosaïculture, c’est un art ancien consistant à composer des massifs floraux, en réalisant des dessins avec des plantes fleuries et des plantes à feuillage. Un arbre rare du Parc, un Malus doumeri, une Rosacée originaire de Chine/Vietnam. Espèce dédiée à Paul Doumer, ancien président de la République (1931-1932), pour avoir développé des plantations d’arbres fruitiers au Vietnam.

Visite du jardin floral, vitrine des récentes découvertes de l’horticulture, collection de diverses plantes, arbustes, pivoines herbacées et arbustives. C’est dans ce jardin que les étudiants des beaux-arts venaient apprendre à dessiner.

Un aperçu du jardin de l’École de Botanique, entièrement réaménagé, c’est un lieu emblématique du Parc où les étudiants médecins et apothicaires apprenaient à décrire et nommer les plantes. Dans ce jardin, différentes parties sont proposées dont les plantes tinctoriales et les plantes médicinales et dans un angle le buste de l’Abbé Rozier (1734-1793), en mémoire de ce grand botaniste et agronome lyonnais. Tout à côté, la serre Victoria qui renferme une collection de plantes aquatiques des régions tropicales dont le Grand Nénuphar d’Amazonie (Victoria amazonica).

Il existe dans le Parc trois roseraies :

  • La grande roseraie du Parc de la Tête d’Or, inaugurée en 1964.
  • La roseraie historique du Jardin Botanique, créée en 1857, réaménagée en 2014, cette roseraie renferme 270 variétés de rosiers, dont les principales variétés de l’âge d’or lyonnais en horticulture de 1820 à 1914.
  • La roseraie de concours, créée en tant que roseraie d’essai en 1931, elle a pour vocation de tester les roses nouvelles issues du monde entier.

La région lyonnaise a abrité plusieurs rosiéristes : Guillot, Laperrière, Meilland-Richardier, Pernet-Ducher. La première rose à floraison remontante (qui fleurit plusieurs fois dans l’année) a été créée en 1900 par le rosiériste lyonnais Perner-Ducher et la première rose moderne, baptisée La France, a été créée en 1867 par le rosiériste lyonnais Guillot.

Tout à côté, un immense Ginkgo biloba, l’arbre aux quarante écus, le plus vieux du Parc, planté en 1870. Nous terminons près de l’Orangerie du Parc, pour observer un arbre curieux de la famille des Hamamélidacées, le Parrotie de Perse (Parrotia persica) ou arbre de fer, en raison de la dureté de son bois. Une végétation dense qui favorise les soudures ou greffes végétales entre ses branches, encore appelées des anastomoses.

L’après-midi a passé très vite tant notre attention a été soutenue par les explications et les histoires de notre accompagnateur, un jardinier qui nous a captivés par son savoir immense et sa passion pour les plantes et ce merveilleux jardin.

Nous quittons le Parc avec une autre vision et une appréhension différente de ces différents lieux de promenade. Mille mercis à Jean-Pierre pour le partage de son savoir et ses nombreuses connaissances.

Des mots pour le dire :

  • Bougainvillea : dédié à Louis Antoine de Bougainville (1729-1811), officier de marine et explorateur français. Il réalisa en 1766-1769 le premier voyage français autour du monde en compagnie des naturalistes Philibert Commerson et Jeanne Barret.
  • Coffea arabica : le mot français café vient du turc kahve, qui l’a emprunté de l’arabe qahwa.
  • Illicium verum : du latin illicium, « appât, charme », dérivé de illicio, « charmer, séduire ». Pour l’arôme agréable d’anis du fruit.
  • Victoria regina : dédié à la reine Victoria (1819-1901), reine du Royaume-Uni de Grande Bretagne et d’Irlande depuis 1837.
  • Parrotia persica : dédié à Johan Jakob Friedrich Parrot (1792-1841), médecin militaire russe professeur de physiologie.

À bientôt pour d’autres aventures.

Botaniquement votre.
Pierre Moncorgé,
Pour le GMBVS.